LE SOUFFLE DU VENT
Acte I
Je suis mélancolique ce matin, et cela ne se soigne pas ! Hélène est loin à présent… Elle n’est pas venue au rendez vous que nous nous étions fixé. Dans un café, tout près de son hôtel.
Je me demandais ce qui avait bien pu l’empêcher de venir… Toutes sortes d’idées me passaient par la tête. Aurait-elle été l’épouse dont je rêvais secrètement ?
J’aurais aimé qu’elle soit pour moi comme une sœur, une amante…
Que devenait-elle ? Que deviendrais-je si je perdais mes illusions ?
A ce jour, rien… Je ne suis plus un enfant.
Elle était si belle, hier au soir, quand habillé d’une robe longue de mousseline blanche… Nous déjeunâmes ensemble au Restaurant le Coquelicot !
JE VOULAIS LUI FAIRE L’amour, ICI MEME !
ELLE DEVAIT EXISTER POUR QUE JE PUISSE Renaître…
Que n’aurais je pas fait pour qu’elle soit encore près de moi à cet instant !
Le temps était figé et je profitais à peine de mon croissant et du café chaud qui m’avait été servi et que je dédaignais.
Elle était journaliste pour un magazine de télévision proposant des programmes documentaires sur l’actualité du monde. Elle aurait voulu être Anthropologue, être plus souvent sur le terrain et moins derrière l’écran « cristallisée » telle une icône de supermarché.
Elle pensait à un changement de carrière, ce qui ne plaisait guère à la direction, qui souhaitait plutôt la cantonner à son image de présentatrice fétiche…
Etait ce pour cela qu’elle avait pris le large si mystérieusement ?
Les évènements de Mai, l’avaient beaucoup perturbée… Elle ne s’en était jamais vraiment remise. Mais ce n’est pas de cela que nous avions discuté.
Je NE SAVAIS PAS QUE JE ME SENTIRAIS SI VIDE SANS ELLE …
La suite logique de sa carrière était son sujet de prédilection…
Elle aimait la vie vue sous l’angle d’un perpétuel changement ! La philosophie de l’impermanence bouddhiste lui aurait parfaitement collé à la peau… Si elle n’avait pas été si frivole !
_ Elle AURAIT DU VENIR ME VOIR PLUS TOT … J’aurais pu faire quelque chose !
Je l’ai attendu toute la matinée, en vain.